Histoire de Vie de Roseline

Histoire de Vie de Roseline

Nous nous sommes mariés un 13 février,  veille de la St Valentin.

 Ce jour-là, Mr le maire nous déclarait nous unir pour le pire et meilleur, dans la santé et la maladie. Nous pensions que la majorité de notre vie commune serait pour le meilleur et que le pire était pour une infime partie.

 Au bout de quelques années, doucement mais sûrement, l’alcool est apparu dans notre vie. Au début, ce n’était que les week-end  lors d’occasions festives puis ce fût quelque fois dans la semaine puis rapidement elle est devenue envahissante puis très envahissante.

 Très vite,  la vie familiale est devenue insupportable.

 A ce moment-là, je me posais de multiples questions:

  • Qu’est ce que j’ai fait ou alors pas fait ?
  • Suis-je responsable de cet état de chose ?
  • Que faire ?
  • Vers qui m’adresser pour demander de l’aide ?
  • Ou alors  se taire, subir en silence, essayer de cacher la situation.
  • Garder la tête haute et faire croire que tout va bien.

Enfin de compte, on est seule.

 J’ai assisté à une ½ journée d’information d’un Dr de Beaupréau dont je ne connais plus le nom. J’ai découvert que l’alcoolisme n’était pas une tare mais bien une maladie. Mais à la fin de cette information, je n’avais toujours pas de solution.

Nous devions attendre que le malade décide de se soigner. J’ai compris que j’attendrais longtemps.

 Nous avons connu des hauts et beaucoup de bas pendant de nombreuses années, puis la ré-alcoolisation  revenait de plus en plus rapidement après des  épisodes de soins de rechute.

 Le début de l’année  2005 a été la période la plus difficile. Nous n’avions plus aucune communication. Ma soeur Gilou infirmière au Sésame a réussi à le décider à se soigner. Un diabète a été diagnostiqué. Lors de son  hospitalisation d’un  mois à Fissinger, j’ai participé à un groupe de parole. L’infirmière nous a parlé des associations qui viennent en aide aux malades.

 La plus proche de chez nous était Alcool assistance de Bécon. J’ai contacté Jean  Pierre le responsable. Lors de notre première rencontre à la maison, il nous a expliqué la maladie, les effets secondaires, les précautions à prendre.

 A son retour du Chillon après deux mois d’absence, j’avais décidé :

  • Ne plus reparler du passé.
  • Regarder vers l’avenir.
  • Réapprendre à vivre à deux.
  • Evincer les personnes qui ne comprenait pas ou ne voulait pas comprendre puisque certaines d’entre-elles  étaient plus ou moins confrontées à ce même problème et étaient dans le déni.

 Dans la foulée, avec ma belle fille Mélanie, nous sommes allées au groupe de parole entourages du lieu de vie d’Angers. J’ai découvert que nous avions toutes la même histoire à quelques détails près.

Puis, j’ai accompagné Michel au rencontre du lieu de vie de Bécon. Avant d’entrer, je me suis dit « mais qu’est ce que je viens faire ici, ce n’est pas moi le malade ». Nous nous sommes installés autour de la table. Chacun s’est présenté et j’ai ressenti une grande joie. Oui, ils étaient heureux d’être ici. Puis j’ai sympathisé avec Marie et je me suis facilement intégrée au groupe.

 Avec les professionnels de la santé,   les amis fidèles et l’association, notre vie a pris un virage à 180°. 

Tous sont conscients que l’entourage met longtemps voir très longtemps à retrouver la confiance. Pour ma part,  le doute subsiste et nous empêche de vivre l’abstinence de notre conjoint dans la sérénité.

 Ensuite, je me suis inscrite  aux journées d’information des groupes entourage à Chemillé.  Je me souviens d’une phrase de Monique MOUREAU « il faut profiter des petits bonheurs ».

 A l’époque,  je me demandais bien de quoi elle voulait parler. Mais au fur et à mesure du temps, je sais qu’elle avait raison et ce que veut dire « petits bonheurs » maintenant. Un parmi tant d’autre, c’est se retrouver chaque mois pour parler, écouter, se soutenir, rire. La convivialité est essentielle pour permettre un débat harmonieux et sincère.

Chaque jour, je vois la lumière de plus en plus étincelante et la sortie du tunnel apparaître.

Je remercie sincèrement le Dr MOREUL des séances de thérapie à trois.

Je  vous remercie  tous et Alcool Assistance en particulier pour  votre aide et votre soutien.

Maintenant, la vie est un long fleuve tranquille.

                                                                                ROSELINE